Publié par Regis Aumont le 27 mai 2012 à 11h00

Piocher

L'expression de la semaine

Carlos Sastre, bien qu'épatant grimpeur vainqueur du Tour de France en 2008, donnait souvent l'impression de piocher dans les cols. (Reuters)

L'expression de la semaine :Piocher

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Le jargon du cyclisme est souvent fleuri et très imagé. De nombreuses expressions circulent dans le peloton pour décrire des faits de course ou des comportements, sans qu’elles soient compréhensibles par le commun des mortels. Cyclisme-Mag vous propose un petit glossaire, avec cette semaine « Piocher ».

Définition : Piocher se dit d’un coureur au pédalage saccadé, signe de ses difficultés à faire tourner les jambes, et dont les mouvements du corps, avec les bras fléchis pour « tirer » sur le guidon, trahissent d’une usure physique intense.

Quel coureur n’a jamais pioché dans sa carrière ? Certainement aucun tant cette expression sied au sport cycliste tant il est difficile. Certains le font en revanche plus souvent que d’autres, on pense notamment aux sprinteurs lorsqu’ils se retrouvent à escalader des montagnes. Sur les pentes abruptes leur style tout en puissance se marie mal avec la légèreté dont font preuve les meilleurs grimpeurs du peloton. Mais ces derniers ne sont pas à l’abri de piocher dans les plus forts pourcentages, notamment lorsqu’ils sont pris d’une soudaine défaillance, qu’elle soit causée par une méforme, une fringale ou alors une mauvaise gestion de l’effort. C’est d’ailleurs souvent là que l’image est la plus forte, lorsqu’un cador coince littéralement dans une ascension et se met à dodeliner de la tête tout en fléchissant les bras comme pour mieux aider sa machine à se hisser au sommet.

Parmi ses grimpeurs hors norme, Carlos Sastre, vainqueur du Tour de France 2008 et à la retraite depuis la fin d’année dernière, donnait souvent cette impression de piocher quand la route s’élevait. Une résultante, sans doute, de son style pas très aérien bien que souvent très efficace. Mais quand il essuyait une défaillance ou qu’il n’arrivait plus à suivre les tout meilleurs en montagne, comme ce fut le cas lors de ses derniers tours de roue, l’Espagnol, ramassé sur son vélo, renvoyait alors l’image d’un coureur en train de piocher pour poursuivre son ascension.

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