Publié par Regis Aumont le 20 décembre 2011 à 12h00

Tour de France 2000: L’offrande d’Armstrong à Pantani

Dans le rétro

Lance Armstrong, en retrait, laisse la victoire d'étape à Marco Pantani au sommet du mont Ventoux. (Reuters)

Tour de France 2000: L’offrande d’Armstrong à Pantani au mont Ventoux

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En route pour sa deuxième victoire sur le Tour de France, Lance Armstrong, déjà en jaune à l’heure d’aborder la 12e étape entre Carpentras et le Mont Ventoux, va encore faire le ménage dans l’ascension du Géant de Provence. Mais alors qu’il est de loin le plus fort dans ce col mythique, l’Américain va laisser gagner Marco Pantani qui n’est déjà plus que l’ombre du vainqueur du Tour 98. Un geste que le Texan regrettera longtemps…

L’histoire du cyclisme a parfois voulu que le plus fort laisse le gain de l’étape à son compagnon d’échappée, d’autant plus si les deux coureurs avaient des objectifs bien distincts mais intérêt à collaborer. C’est plus rare lorsque deux grands champions arrivent ensemble pour se disputer la gagne. C’est pourtant ce qui est arrivé le 13 juillet 2000 lors de la 12e étape du Tour de France. Sous un soleil de plomb, Lance Armstrong, vainqueur sortant, et Marco Pantani, lauréat du maillot jaune deux ans plus tôt, vont arriver roues dans roues sur les cimes du mont Ventoux, terminus d’une journée débutée à Carpentras. Et l’Américain, leader de la course après son impressionnante démonstration à Hautacam, va laisser la victoire au pirate italien.

De retour depuis peu à la compétition, Pantani n’est pas en grande forme en ce mois de juillet. Mais à l’orgueil, le grimpeur de Cesena va décider de passer à l’offensive sur les 21 kilomètres à 7% de moyenne qu’offre le mont Ventoux. Distancé dans un premier temps d’un groupe composé d’Armstrong, Ullrich, Beloki, Escartin, Heras et Botero, le leader de la Mercatone Uno va profiter du marquage des grands leaders pour revenir à hauteur dans un premier temps puis attaquer avec le peu de forces qu’il lui reste. Absolument pas menaçant au classement général, Pantani profite du bon de sortie que lui accorde les cadors pour prendre rapidement plusieurs longueurs d’avance. Derrière, Armstrong, qui vole littéralement sur les rampes du «mont chauve», décide d’accélérer néanmoins histoire d’assommer encore un peu plus la course. Une mission réussie par le Texan qui revient en quelques coups de pédale sur l’échappé.

"Plus vite, plus vite"

Largement plus frais que Pantani, et plus fort tout simplement, Armstrong va toutefois rester au côté de son rival jusqu’à la ligne d’arrivée non sans lui avoir soufflé à plusieurs reprises dans un italien approximatif "plus vite, plus vite". Mais à bout de forces, Pantani, à des années lumières de son niveau de 1998, ne peut pas faire plus et derrière le duo Ullrich-Beloki se rapproche. L’avance des deux hommes demeure néanmoins suffisante pour arriver les premiers au sommet où, dans le virage qui précède la ligne d’arrivée, le maillot jaune s’efface pour laisser à Pantani le droit de rejoindre Charly Gaul (1958), Raymond Poulidor (1965), Eddy Merckx (1970), Bernard Thévenet (1972) et Jean-François Bernard (1987) au palmarès des vainqueurs d’étapes du Tour au Ventoux.

Seulement, cette offrande ne va pas plaire à celui qui en a profité en premier lieu. Pantani a de l’orgueil et le champion accepte assez mal le fait d’avoir été traité comme un vulgaire coureur par L.A. L’Italien le fera assez vite remarqué et, quelque peu fâché, Armstrong le traitera "de petit homme, petit coureur" par presse interposée. L’Américain, qui gagnera encore six Tour de France de suite, celui-ci compris, sera lui aussi la cible de nombreux observateurs qui ne comprennent pas comment peut-on sacrifier ainsi une telle victoire de prestige. L’Américain retiendra la leçon et ne fera d’ailleurs plus jamais ce genre de cadeaux par la suite.

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