Vainqueur ce lundi du contre-la-montre à Besançon, Bradley Wiggins a assis sa domination sur le Tour de France. Le professionnalisme de l'équipe Sky, avec deux coureurs dans les trois premiers, écrase pour le moment la concurrence. Le coureur britannique explique que tout avait été prévu, même s'il doit encore gérer ses émotions et ne pas se laisser influencer.
Bradley, vous avez devancé Evans de près de deux minutes. Vous attendiez-vous à un tel écart ?
Dans une course comme celle-ci, je ne regarde pas ce qu'il se passe autour de moi. Je reste concentré sur moi, sur ma performance, c'est le plus important. Gagner l'étape, ce n'était pas le but au départ. J'y suis allé dans l'optique du classement général. Ce qu'ont fait Cadel (Evans), Nibali et Menchov, ce n'est pas le plus important. Evidemment, en voyant le résultat, je suis fier de ce que j'ai fait.
Etes-vous surpris de votre réussite au terme de la première partie du Tour, et notamment celle de Froome ?
En fait, il n'y a rien qui me surprend parce que je n'avais pas d'attente particulière. Si on a des attentes, alors on peut être surpris voire déçu. Depuis le départ, il y a une tension énorme, c'est un peu la folie. Dans ces circonstances, il est primordial de rester concentré sur sa propre performance. Il ne faut pas se laisser influencer par ce qu'il se passe autour de la course. Je n'avais pas non plus les écarts qui pouvaient se creuser entre les coureurs. Il faut savoir gérer ses émotions dans une épreuve comme celle-ci. Par exemple, quand j'ai pris le maillot jaune, j'ai vraiment ressenti une forte émotion, j'ai réalisé ce que c'était et je n'ai pas bien dormi la nuit suivante à cause de toute cette charge émotionnelle. Mais c'est pour ça que je fais ce sport. La journée de repos va me servir à faire le point avant d'aborder la suite du Tour.
Etes-vous satisfait de la manière dont votre équipe a pris ses responsabilités depuis le début de la course ?
Oui, c'était notre plan, c'est ce qu'on avait imaginé. On savait que ça allait arriver tôt ou tard. On s'est préparé pour ça. On l'avait déjà fait sur le Critérium du Dauphiné, nous étions dans la même configuration. Les coureurs retenus pour le Tour de France ont tous cet état d'esprit. Je suis évidemment satisfait de la tournure des événements. Dans les deux étapes de montagne, ils ont aussi fait tout le boulot qu'on attendait d'eux.
"On ne s'attendait pas à nous retrouver à deux de l'équipe dans les trois premiers"
Toutes les sollicitations liées au maillot jaune vous affectent-elles, surtout après les étapes ?
Tout se passe quand même assez vite. Et c'était à peu près identique sur le Dauphiné et sur Paris-Nice cette saison. Finalement, cela a été une bonne préparation, je savais alors comment ça allait se passer sur le Tour, ce n'est pas quelque chose de nouveau, donc ça ne m'affecte pas.
Quel est votre programme pour la journée de repos mardi à Mâcon ?
Je vais me reposer au maximum, c'est le but d'une journée de repos. Mais je vais sans doute aussi devoir répondre aux médias et faire une conférence de presse.
Quel rôle allez-vous assigner à Froome, désormais troisième du classement général ?
On verra comment ça va se passer. L'année dernière, au moment de ma chute, on n'avait pas de plan B dans l'équipe. Cette année, c'est différent. Pour l'instant, il faut rester dans cette position. On fera de toute façon un bilan parce qu'on ne s'attendait pas à nous retrouver à deux de l'équipe dans les trois premiers du classement général. Après ce bilan, on décidera si on essaye d'aller jusqu'à Paris en étant tous les deux sur le podium ou bien s'il faut sacrifier Chris. On verra plus tard.
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