Des centaines de villes se battent chaque année pour accueillir une étape du Tour de France. Un parcours du combattant qui prend souvent des années, et exige un investissement important. Exemple avec la commune suisse de Porrentruy, où sera jugée l’arrivée de la 8e étape de la Grande Boucle.
220 candidats, et finalement assez peu d’élus. Chaque semaine, des propositions plus ou moins saugrenues affluent sur les bureaux d’Amaury Sport Organisation (ASO) en provenance de communes, départements ou régions partageant un objectif commun : accueillir une étape du Tour de France. Plus grand événement sportif annuel itinérant, la Grande Boucle est ardemment convoitée. Et Porrentruy aura cette année le privilège de voir passer la petite reine et son immense caravane, le dimanche 8 juillet, lors de la 8e étape de l’édition 2012.
Porrentruy, ville suisse du canton du Jura, et ses 6700 habitants, a déposé sa candidature en 2006 et n’a mis que six ans à toucher au but. C’est plus que la commune de Verbier (Valais), qui avait dû attendre une dizaine d’années, mais la présence dans la région de Christophe Moreau, résident bruntrutain, a de l’aveu du porte-parole du canton "ouvert quelques portes". L’idée d’accueillir le Tour à Porrentruy est donc née en 2006, et le dossier de candidature envoyé dans la foulée. Comme ils le font pour chaque candidature, les dirigeants d’ASO sont venus en 2007 pour reconnaître le terrain proposé par le Jura Suisse. C’est le moment, en quelque sorte, de vendre la région et les spécificités de son parcours. Dans le cas de Porrentruy, les organisateurs ont misé sur le redoutable Col de la Croix, et ses 3.7 km de montée à 9.2 %, avec des passages à 15 et 17%.
Trois heures de direct à la télévision
Ce n’est qu’en mai 2011 que Porrentruy a appris la bonne nouvelle. L’information est restée secrète jusqu’en octobre, date à laquelle le parcours du Tour 2012 a été dévoilé. Là, tout s’est accéléré. Les visites d’ASO ont été de plus en plus nombreuses, jusqu’à deux ou trois par semaine à mesure que le grand jour approchait. "Ils contrôlent chaque rond-point, l’état et la largeur de la route, et décident s’il faut enlever certains ilots directionnels", explique Pierre-Alain Berret, porte-parole du Canton du Jura.
"Il faut penser à tout, à la route de dérivation pour la colonne de camions en passant bien sûr par l’aire d’arrivée", explique Pierre-Alain Berret. Pour accueillir les bus des équipes, les tentes pour le staff et les partenaires, le centre presse, le centre VIP, et les espaces de restauration, le gouvernement du canton a réquisitionné un aérodrome, nécessaire pour des infrastructures occupant l’équivalent de sept à huit terrains de football. "C’est le plus gros poste budgétaire", poursuit-il.
Le budget total, justement, s’élève à 1,4 million de francs suisses (un peu moins d’1,2 million d’euros), qui comprend les 200 000 euros de redevance réclamés par ASO. L’opération est financée principalement par le Canton (400 000 francs suisses) et la Ville (200 000 francs suisses) et des partenaires privées. Mais Pierre-Alain Berret s’attend à des retombées plus importantes en termes d’images, pour favoriser le tourisme. "Avec le TGV, nous sommes la région suisse la plus proche de Paris. Et grâce au Tour de France, nous allons avoir trois heures de télévision sur notre canton, un dimanche après-midi. Nous avons une belle carte à jouer."
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