Publié par François Tesson le 19 juillet 2012 à 18h59

Pinot-Rolland, sacrés grimpeurs

Tour de France

Pierre Rolland est huitième du classement général. (Reuters)

Pinot-Rolland, sacrés grimpeurs

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Toujours présents dans les dix premiers du classement général, aux huitième et dixième places, Pierre Rolland et Thibaut Pinot quittent les Pyrénées en pleine forme. Les deux jeunes Français ont été les derniers à décrocher du duo Froome-Wiggins lors de l'arrivée à Peyragude. Ils confirment que la montagne est bien leur terrain de jeu et que l'avenir leur appartient.

Leur place dans le Top 10 du classement général final n'est pas totalement assurée. Mais Pierre Rolland et Thibaut Pinot ont déjà marqué ce Tour de France 2012. Les deux grands espoirs du cyclisme tricolore ont chacun remporté leur étape, et ils ont surtout confirmé dans la plus grande course du monde leurs immenses qualités de grimpeur. Avec aussi une régularité et un tempérament offensif qui ne peuvent que forcer le respect. Légèrement distancés la veille lors de la première grande étape pyrénéenne, peut-être refroidis par la journée de repos de mardi, les deux Français se sont refait la cerise jeudi sur les pentes du Port de Balès et lors de la montée finale vers Peyragudes.

Ce sont même eux qui ont été les premiers à réagir à l'attaque de Van den Broeck à 10 kilomètres du but, Pinot tentant par la suite de partir en contre. Ce sont encore Pinot et Rolland qui ont été les seuls à s'accrocher, toujours avec Van den Broeck, au duo gagnant de la Sky, Wiggins-Froome. A l'arrivée, Pinot s'est même offert une quatrième place de prestige, à trois petites secondes des deux Britanniques, et juste devant Rolland. Une telle performance, en toute fin d'une course aussi exigeante que le Tour de France, ne peut être le fruit du hasard.

Rolland: "Je suis content de moi"

Pour Rolland, ce n'est qu'une confirmation. Mais une belle confirmation. Révélation du Tour 2011, la "rockstar" de l'équipe Europcar (dixit Lance Armstrong) débarquait cette année pour la première fois sur la Grande Boucle avec l'étiquette de leader. Pour s'étalonner, pour se tester, pour emmagasiner de l'expérience, plus que pour espérer un podium, vu le parcours taillé pour les rouleurs. Une chute dans la première semaine lui a fait perdre deux minutes (tout comme Pinot) et laissé une douleur aux côtes, mais l'Orléanais a pu en profiter pour aller chercher une victoire de prestige à La Toussuire et se replacer au général.

A l'arrivée, à force d'attaques, il n'a perdu que 19 secondes sur l'ensemble des étapes de montagne sur Froome, le meilleur dans l'exercice. Et le voilà huitième du général, tout près de Cadel Evans, le vainqueur sortant. "Je voulais améliorer mon classement général, a simplement expliqué sur France 2 le vainqueur de l'Alpe d'Huez l'an passé. C'était la dernière journée où il fallait tout donner. J'ai tout donné, je suis content de moi. Huitième du général, c'est correct après les galères que j'ai vécues. On reviendra l'an prochain avec plus d'ambitions."

Pinot, "un coureur de grand Tour"

Pinot, lui, est évidemment la révélation (toutes nationalités confondues) de ce Tour de France. On savait le gamin doué dans la haute montagne, depuis son numéro dans le Dauphiné en 2011, mais peut-être pas à ce point, pas si tôt. Placé à la Planche des Belles Filles, le Franc-Comtois s'est fait un nom auprès du grand public en s'imposant à Porrentruy, après un vrai numéro de grimpeur. Pas prévu sur ce Tour, Pinot, aussi insouciant qu'ambitieux, a alors décidé de voir jusqu'où il pourrait aller. A la sortie des Pyrénées, il a prouvé qu'il avait des jambes plus que correctes pour une troisième semaine, lui qui n'avait jamais disputé de grand Tour, et pointe toujours à la dixième place au général.

Seuls Nicolas Roche (+1'12") et Andreas Klöden (+2'24") peuvent l'éjecter du Top 10 à la faveur des 53 kilomètres du contre-la-montre de Chartres. "C'est super pour l'instant. Mais ce qui me bloque c'est le chrono de samedi, tout plat, admet lucidement le benjamin du Tour, 22 ans seulement. J'espère limiter la casse pour rester dans le Top 10." Mais quoi qu'il arrive, Pinot aura réussi haut la main son premier Tour de France. "Je ne suis pas surpris, avoue Marc Madiot, le manager de la FDJ-Big Mat. Ce matin, j'y croyais fermement. On savait qu'il allait être dans le coup. Ça confirme que c'est un coureur de grand Tour, un coureur extrêmement fort en montagne. Quand il aura pris plus de caisse, parce que c'est encore un jeune coureur, il sera encore plus près des meilleurs." Alors vivement l'an prochain.

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