Publié par François Quivoron, à Rouen le 4 juillet 2012 à 15h40

Le Tour rend hommage à Anquetil

Tour de France

Le peloton a roulé en Normandie, région d'origine de Jacques Anquetil. (Reuters)

Le Tour rend hommage à Anquetil

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A l’occasion du passage du Tour en Normandie, un hommage est rendu à Jacques Anquetil, originaire de Mont-Saint-Aignan, près de Rouen, où est jugée l’arrivée de la 4e étape ce mercredi. Champion de grande classe, cinq fois vainqueur de la Grande Boucle, le Normand n’a jamais eu une cote d’amour à hauteur de son talent.

Vingt-cinq ans après sa mort, Jacques Anquetil est honoré ce mercredi sur la route du Tour de France. Au cours de la quatrième étape entre Abbeville et Rouen, le peloton a roulé près de Mont-Saint-Aignan, le lieu de naissance de ce champion des années 1960, premier coureur à inscrire cinq fois son nom au palmarès de la Grande Boucle (1957, 1961-1964). Sur place du Vieux-Marché à Rouen, une exposition temporaire retrace la vie et la carrière d’Anquetil, très attaché à sa région. Et l’écrivain Paul Fournel présente une lecture publique de son dernier ouvrage, Anquetil tout seul (Ed. du Seuil), au château de La Neuville-Chant-d’Oisel, où le Normand avait élu domicile après sa retraite sportive en 1969.

Eternel rival puis grand ami d’Anquetil, Raymond Poulidor, aujourd’hui âgé de 76 ans, a forcément de nombreuses anecdotes à raconter. Comme celle, touchante, qu’il a évoquée sur le site de France Télévisions. Peu avant la mort d’Anquetil, les deux hommes se parlent et l’ancien coureur, décédé d’un cancer, lui lance une boutade: "Tu vas encore finir deuxième." Du temps de leur splendeur, la France s’est divisée entre pro-Anquetil et pro-Poulidor. S’il l’a privé d’une victoire sur le Tour et même de porter le maillot jaune une seule journée, Poulidor reste admiratif de son rival. "C’était la classe. Jacques Anquetil, vous le mettiez sur n’importe quel vélo, il trouvait sa position. C’était phénoménal, quand on voyait l’effort au contre-la-montre, seul son visage était marqué par la fatigue, le reste, rien ne bougeait. C’était une caravelle, il glissait sur la route."

Là réside aussi toute l’ambigüité autour d’Anquetil, champion de sang froid, mais à la cote de sympathie beaucoup moins représentative de son talent. Poulidor était aimé sur le bord des routes, alors son adversaire était parfois sifflé. "Jacques, c’était un Normand de la terre, pas un gars des villes, raconte le journaliste Roger Biot dans La Croix. Il n’aimait pas la foule ni les manifestations d’enthousiasme. On peut dire que tous les jeunes de son âge l’admiraient, s’identifiaient à lui, mais quant à se faire aimer, c’était une autre histoire. D’ailleurs, le vélo était pour lui un métier plus qu’une passion. Après sa carrière, il n’y a plus jamais touché ou presque." Dans le palmarès du Tour, Anquetil fait partie des plus grands. Et c’est quelque chose que personne ne peut lui enlever.

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