Le duel Rodriguez-Contador, qui tient la Vuelta en haleine depuis plusieurs jours, tourne en faveur du coureur de l’équipe Katusha. La journée de repos ce mardi devrait lui être bénéfique avant d’aborder les cinq dernières étapes et l’arrivée à Madrid dimanche. Méfiance, Contador n’a pas dit son dernier mot.
Le Tour d’Espagne s’achève dans cinq jours à Madrid, sur les terres d’Alberto Contador. Mais son pari de remporter la Vuelta, juste après avoir purgé sa suspension, est sur le point d’être contrarié par Joaquim Rodriguez. Le grimpeur de poche catalan, leader depuis l’arrivée de la quatrième étape, s’est accroché comme un beau diable à sa tunique rouge. Le chrono, les arrivées en côte et les attaques incessantes de Contador l’ont à peine éraflé. Ce qui lui a fait dire, au soir de la 16e étape au Cuitu Negru: "J’ai fait un grand pas vers la victoire."
A 33 ans, le leader de l’équipe Katusha n’a jamais été aussi proche de remporter le premier grand Tour de sa carrière. "Les étapes les plus dures sont derrière nous maintenant, a-t-il reconnu sur le site de la course. Mais c’est vrai qu’il reste encore des arrivées difficiles à Fuente Dé et à Bola del Mundo." Rodriguez a raison de se méfier. D’abord parce que le relief qui entoure la région de Madrid sert de terrain d’entraînement pour Contador, il y connaît chaque recoin et chaque bosse. Ensuite parce que "Purito" n’est pas à l’abri d’une défaillance. "Regardez ce qui est arrivé à Froome (3’30 de retard sur le duo Rodriguez-Contador au sommet du Cuitu Negru, ndlr) ! Un jour sans et c’est le début de gros problèmes", a-t-il souligné.
Sa marge de manœuvre ne lui octroie aucun répit. Avec seulement 28 secondes d’avance sur Contador, Rodriguez se prépare déjà à souffrir dès que la route va s’élever. Mais sa capacité de résistance a sûrement entamé le moral de son rival, qui se demande encore quelle solution adopter pour le décramponner. "Je n’évalue pas mon pourcentage de chances de gagner la Vuelta mais j’ai de nouveau fait un pas de géant. Katusha a démontré sa capacité à contrôler la course mais je n’ai pas une avance énorme, a insisté Rodriguez. Je dois résister. Je dois focaliser mon énergie sur la victoire dans la Vuelta."
Le Catalan n’a sûrement pas oublié le dernier Tour d’Italie, quand il s’est fait souffler la victoire finale par le Canadien Ryder Hesjedal. Il n’a pas non plus oublié les podiums ratés sur la Vuelta en 2010 et le Giro en 2011 en raison de défaillances au cours de la dernière semaine de course. Rodriguez a fait le plus dur mais il n’a pas encore gagné.
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