David Moncoutié a achevé dimanche sa dernière course professionnelle. A l’arrivée du Tour d’Espagne à Madrid, le Français a été salué par le peloton et les spectateurs. A 37 ans, il laisse derrière lui une carrière exemplaire, entre plaisir de rouler et fidélité à l’équipe Cofidis qu’il n’a jamais quittée.
L’heure de la retraite a sonné pour David Moncoutié. Et cette fois c’est sûr, le coureur lotois ne remontera plus sur un vélo pour disputer une course professionnelle. Sa décision était prise depuis plusieurs mois, c’est au terme du Tour d’Espagne 2012 qu’il avait décidé de mettre pied à terre, définitivement. Il s’est exécuté dimanche à Madrid où il a donné ses derniers coups de pédale dans le peloton, qui l’a salué en le laissant franchir seul la ligne d’arrivée dans la capitale espagnole.
Meilleur grimpeur de la Vuelta ces quatre dernières années, Moncoutié a échoué dans sa tentative de ramener une cinquième fois le maillot à pois bleu à la maison. La vilaine chute, qui l’a projeté au sol et poussé à l’abandon sur le Tour de France en juillet, a laissé trop de séquelles pour qu’il puisse réellement lutter dans la montagne. Il termine donc son dernier Tour d’Espagne dans le relatif anonymat d’une 109e place au classement général, sans avoir eu une occasion de se montrer. Qu’importe, sa satisfaction est ailleurs, celle d’avoir bouclé une épreuve qu’il a toujours privilégiée ces dernières saisons. Au point d’être sans doute plus reconnu à sa juste valeur de l’autre côté des Pyrénées qu’en France.
Figure de proue du cyclisme propre
C’est là tout le paradoxe de Moncoutié. Un coureur de grand talent, dont le potentiel aurait dû lui ouvrir les portes du top 10 à plusieurs reprises sur les grands Tours, qui a préféré mener une carrière à l’image de sa personnalité. Réservé et pas vraiment loquace, le natif de Provins trouve sa plénitude sur un vélo tant qu’on le laisse tranquille. "C’est un solitaire, heureux dans un groupe mais qui n’en a pas besoin pour vivre. Il veut simplement qu’on le laisse en paix", disait de lui Eric Boyer, son manager durant de nombreuses saisons. Moncoutié, c’est aussi le coureur d’une seule formation, fidèle à la Cofidis au cours de ses seize années de professionnalisme. Une exception dans le peloton.
Irréprochable sur un vélo, il a été parachuté figure de proue d’un cyclisme propre au cœur des années 2000, quand l’équipe Cofidis se démêlait avec des affaires de dopage. "Il a forgé en grande partie l'image de l'équipe, et c'est même grâce à lui que le sponsor est resté dans le vélo alors que tout le poussait vers la sortie après l'affaire de Philippe Gaumont", a raconté Eric Boyer. Gaumont justement, dans son ouvrage Prisonnier du dopage (Grasset, 2005), disait ceci à propos de Moncoutié: "J’ai passé sept années chez Cofidis et, durant tout ce temps, je n’ai côtoyé que deux coureurs qui ne prenaient pas de produits: l’Estonien Janek Tombak et, surtout, le Français David Moncoutié."
Loin de la pression liée aux résultats, le Lotois a érigé le plaisir en priorité. S’il a fait du cyclisme son métier, Moncoutié n’a jamais perdu de vue qu’il s’agit avant tout d’une passion. "Ce que j'aime, c'est être sur mon vélo et de rouler. C'est comme ça que je suis heureux." Les courses professionnelles sont terminées pour lui, mais il retrouvera désormais le plaisir simple d’une sortie dans la région lyonnaise, où il vit avec sa femme et ses enfants.
Réagissez