Actuellement sur Paris-Nice où il livre ses analyses pour France Télévisions, Laurent Jalabert sera particulièrement attentif durant toute la saison aux résultats des coureurs français, avec en ligne de mire les JO de Londres l’été prochain. S’il est encore trop tôt pour évoquer la sélection, "Jaja" a déjà son idée sur le type de coureurs capables de s’exprimer sur un parcours plus sélectif qu’il n’y paraît.
Quel regard portez-vous sur les résultats des Français sur Paris-Nice, après les cinq premières étapes ?
Le bilan à mi-course est très moyen, ils n’ont pas vraiment eu de réussite. Malchance. Au niveau des résultats, on ne peut pas pour l’instant parler d’un bon cru. Ils sont deux dans les dix premiers, Arnold Jeannesson et Sylvain Chavanel, qui promettait pas mal, mais qui a un peu reculé après l’arrivée à Mende. Il est toujours dans les dix, mais il espérait sans doute mieux. Le mieux classé, c’est désormais Jeannesson, qui est huitième. On verra s’il parvient à grappiller quelques places dans les jours suivants. Il se peut que l’on voit des Français dans les jours qui suivent (vendredi et samedi), car le parcours, plutôt accidenté (arrivée à Sisteron puis Nice), peut leur convenir. Reste à savoir s’ils ont les jambes pour être présent dans les échappées.
J’imagine qu’avec les JO en ligne de mire, vous suivez encore de plus près les résultats des coureurs tricolores ?
Oui, je suis attentif à tout. Après le parcours des Jeux est spécifique et ne correspond pas du tout à ce que l’on vit sur ce Paris-Nice. Les périodes seront aussi très différentes et les acteurs ne seront pas les mêmes. Je suis attentif aujourd’hui, mais ce n’est pas encore l’heure de tirer des conclusions sur la valeur des coureurs.
Quelsseront vos critères principaux concernant la sélection ?La forme du moment ?
Non, car l’annonce de la liste doit se faire début juillet, soit un mois avant les Jeux. En un mois, la forme évolue. Je serai obligé d’annoncer la liste définitive quasiment au départ du Tour de france, après seulement quelques étapes. Les critères seront avant tout sportifs, en fonction du parcours. Il faudra des coureurs qui peuvent se débrouiller sur ce type de parcours.
"Les sprinteurs ne seront pas forcément à la fête"
Justement, ce parcours est-il forcément réservé aux sprinteurs ?
Pas forcément. Il n’est pas si plat que ça. C’est une idée reçue. Nous avons disputé la course pré-olympique l’an passé et on a pu s’en rendre compte. Il y a 70 km de plat pour débuter suivi d’un circuit de 4 km qui comprend une côte de 2,5 km. Le parcours est exigeant et les sprinteurs ne seront pas forcément à la fête. Il y avait deux tours de circuit l’année passée, là il y en aura neuf. A la sortie du circuit, il y aura de nouveau 40 km de plat pour regagner Londres, ce qui permettra peut-être au peloton de revenir, mais ce ne sera pas évident.
A quel type de coureur allez-vous donc faire appel ?
Il faudra envisager la probabilité d’un sprint, mais une échappée est possible. Il faudra donc des puncheurs, capables de se glisser dans une échappée, mais aussi de finir rapidement au sprint.
Combien de coureurs pouvez-vous aligner ?
Quatre. En plus, celui qui disputera le contre-la-montre sera obligé de prendre part à la course en ligne. C’est un peu spécial, mais c’est le jeu. Il faut donc faire un choix: privilégier la course en ligne en sélectionnant quatre coureurs susceptibles de se glisser dans l’échappée et de sprinter ou un spécialiste du chrono, sachant qu’aujourd’hui, nous ne disposons pas vraiment d’un coureur capable de gagner le contre-la-montre.
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