A moins d'un mois du départ du Tour de France, Cadel Evans est déjà en forme. Le vainqueur de la Grande Boucle 2011 a remporté la première étape du Critérium du Dauphiné, ce lundi à Saint-Vallier. L'Australien a devancé au sprint le Savoyard Jérôme Coppel, et revient à une petite seconde de Bradley Wiggins, nouveau leader du classement général. Andy Schleck, lui, a perdu plus de trois minutes.
Cadel Evans l'a rappelé. "Le Dauphiné n'est qu'un test." Mais en ce qui concerne l'Australien, l'essai a été transformé. Le co-leader de la BMC, qui misait sans doute un peu plus sur Philippe Gilbert pour le coup, s'est adjugé en costaud la première étape du Critérium du Dauphiné, sur un parcours vallonné entre Seyssins et Saint-Vallier, histoire de prouver qu'il est déjà en forme à moins d'un mois de la défense de son titre sur le Tour de France.
Evans a sauté dans la roue de Jérôme Coppel, parti à moins de cinq kilomètres, avant que que les deux hommes n'unissent leurs forces à celles d'Andrei Kashechkin pour résister au retour d'un peloton désorganisé par la Côte de la Sizeranne (2.9 km à 6.6 %, Cat. 3). Impressionnant de puissance, l'Australien a lancé le sprint à 500 mètres de la ligne, pour garder quelques centimètres d'avance sur Coppel et lever timidement la main droite en guise de victoire. "J'ai vu une occasion", a simplement commenté Evans sur France 3 avant d'affirmer que son attaque n'était pas un message envoyé à son rival Bradley Wiggins. Le Britannique, qui devrait rester bien au chaud jusqu'au chrono de jeudi, s'est lui emparé du maillot de leader aux dépens d'un autre Australien, Luke Durbridge.
Dans le jeu du chat et de la souris auquel les favoris vont se livrer jusqu'aux grandes explications du Tour de France, c'est encore une fois Andy Schleck qui a surpris par la négative. Le Luxembourgeois, 102e du prologue, s'est retrouvé (volontairement ?) lâché dans la dernière difficulté (une côte de 3e catégorie!), qui ne devrait pas en être une pour lui. Le vainqueur du Tour 2010 a terminé à plus de 3 minutes du peloton, en compagnie d'Alexandre Vinokourov. Encore plus loin, Samuel Sanchez a terminé à 23 minutes d'Evans, la faute à une chute en début d'étape. On craint une fracture des côtés pour le leader de l'équipe Euskaltel.
Les Français, eux, sont nombreux à pouvoir nourrir une certaine frustration. Si Giovanni Bernaudeau, échappé en compagnie d'irizar, Edet, Tjallingii, Vanmarcke et Doi, s'est offert le maillot de meilleur grimpeur, son coéquipier Pierre Rolland a été le premier à attaquer dans le final, avant qu'un troisième Europcar, Cyril Gautier, ne montre aussi le maillot. Nacer Bouhanni, facile vainqueur du sprint du peloton devant Tony Gallopin, pourra regretter que son équipe FDJ-Big Mat n'ait pu combler dans les dernières hectomètres les 4 secondes qui l'ont séparé d'Evans, et donc de la victoire. Et que dire de Jérôme Coppel ? Venu avant tout pour préparer le Tour de France, le Savoyard de l'équipe Saur-Sojasun est passé tout près d'une victoire dans une course qui lui tient particulièrement à coeur. Mais qui est encore loin d'être terminée.
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