Publié par Francois Tesson le 4 octobre 2012 à 13h01

Euskaltel à un tournant

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L'équipe d'Igor Anton vit une période difficile. (Reuters)

Euskaltel à un tournant

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En pleine crise de résultats, l’équipe Euskaltel-Euskadi cherche à tout prix à conserver sa place en World Tour pour la saison prochaine. A tel point que la formation basque serait prête à accueillir dans son effectif un ou plusieurs coureurs étrangers. Une hérésie selon Amets Txurruka, mis à la porte de l’équipe basque, et très amer.

Jure Kojcan, ou l’homme par qui le scandale est arrivé. Le Slovène ne s’est pas encore engagé avec l’équipe Euskaltel-Euskadi, et le fera peut-être jamais, mais le simple fait que son nom soit évoqué parmi les possibles recrues de la formation basque traduit une vérité, peut-être douloureuse : quelque chose est en train de changer parmi les maillots oranges.

Il faut dire que l’équipe basque traverse une grosse crise de résultats. Cette saison, elle se repose presque exclusivement sur les épaules de Samuel Sanchez. A lui seul, le natif d’Oviedo pèse la moitié des huit petites victoires d’Euskaltel cette saison. Derrière lui, c’est le néant, ou presque, à l’image d’un Igor Anton insignifiant sur la Vuelta (9e) malgré le travail régulier de ses coéquipiers. Or, s’appuyer sur Sanchez, aussi talentueux soit-il, comporte quelques risques. D’une part, une chute est vite arrivée, et le vainqueur du Tour du Pays Basque l’a appris à ses dépens sur le Tour de France. D’autre part, Sanchez, s’il a resigné pour trois saisons supplémentaires, ne peut pas représenter, 34 ans, une solution pérenne en tant que leader.

C’est tout le problème d’Euskaltel, qui malgré ses supporters à la ferveur inégalable, se désespère de voir les espoirs Igor Anton et Romain Sicard (même si ces deux cas sont bien différents) prendre la relève. Désormais, c’est tout simplement la place de la formation basque dans le Word Tour qui est menacé. Selon le rapport de l’UCI, Euskaltel figure avec AG2R, Argos, Saxo-Tinkoff, Garmin et Rabobank dans un groupe de six équipes pour cinq places. Et ce n’est pas gagné pour les Basques, puisque si Saxo et AG2R comptent moins de victoires, la formation danoise a Alberto Contador et celle de Vincent Lavenu a effectué un gros recrutement. De quoi faire réfléchir.

Txurruka ne l'accepte pas

Au pays basque, la possibilité de voir des coureurs non-basques ou non-formés dans un club basque (comme Sanchez) intégrer Euskaltel, a suscité un tollé. Financée par la communauté autonome du Pays basque, Euskadi, l’équipe cycliste (fondée en 1994) est l’emblème de toute une région, qui se déplace en masse lors des étapes pyrénéennes du Tour de France ou de la Vuelta. Mais pour Amets Txurruka, tout ceci est sur le point de changer. Le grimpeur basque, qu’Igor Gonzalez de Galdeano a choisi de ne pas conserver, pour probablement recruter "ailleurs", a confié son amertume au quotidien Deia. "Je vois désormais l’équipe comme toutes les autres. Elle n’a plus rien de spécial. Ce sera difficile d’accepter le fait que des bons coureurs basqueus qui ont participé à ce projet soient mis de côté pendant que l’équipe se remplit d’étrangers", déplore Txurruka, qui a signé la lettre rédigée par sept anciens coureurs de l’équipe (Fernández de Larrea, Haimar Zubeldia, Markel Irizar, Beñat Intxausti, Jonathan Castroviejo, David López and Iker Camaño) dénonçant les dérives d’Euskaltel.

Ces coureurs veulent qu’Euskaltel continue de s’appuyer sur des coureurs estampillés Euskal Herria (Pays Basque), et reste une entité à but non-lucratif. Mais ces considérations sont-elles encore compatibles avec les exigences du cyclisme moderne, et plus précisément du World Tour ? Le réservoir basque (4 millions d’habitants) est-il suffisant pour résister à une mondialisation galopante de la petite reine ? En football, l’Athletic Bilbao suit la même philosophie. Mais les pensionnaires de San Mames, s’ils parviennent à réaliser sporadiquement quelques exploits, sont incapables de rivaliser dans la durée avec les grands d’Espagne et a fortiori d’Europe. Quant au voisin de la Real Sociedad, il a accueilli son premier joueur non-basque, l’Irlandais John Aldridge, en 1989. 

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