Après un début de saison difficile, l’équipe Cofidis retrouve le sourire. Eric Boyer et ses coureurs ont en effet appris que leur sponsor principal avait décidé de prolonger son engagement jusqu’en 2016. Une marque de confiance pour le manager de 48 ans, qui espère que ses hommes vont se rattraper dans la deuxième partie de la saison et rêve de retrouver le World Tour en 2013.
Eric, vous venez d’apprendre que Cofidis prolonge son engagement jusqu’en 2016. J’imagine que c’est une très bonne nouvelle pour vous et vos coureurs ?
C’est une grande et belle nouvelle en effet. Ça nous permet de construire une équipe à plus long terme que ces dernières années où on renouvelait le partenariat avec notre sponsor d’une année sur l’autre seulement. C’est bien plus constructif. Nous pouvons prendre plus de temps pour former nos jeunes coureurs et engager des coureurs expérimentés, des valeurs sûres pour se fixer des objectifs de victoires sur plusieurs saisons. C’est donc très confortable. Je remercie évidemment Cofidis de nous faire confiance sur le long terme, à un moment où c’est vrai que nous n’avons pas été très performants. Mais bon, on va dire que je n’ai pas été jugé sur les trois derniers mois, mais sur les huit dernières années. Une confiance réciproque s’est installée depuis que je travaille chez Cofidis, ce qui permet de voir plus loin dans leur aventure dans le cyclisme.
Est-ce que cette décision entraîne un surcroît de motivation pour la suite de la saison ?
On ne manque jamais de motivation. A un mois du départ du Tour de France, nous sommes en train de fournir un gros travail, avec une énorme motivation. Mais c’est vrai que cela nous donne un grand coup d’accélérateur. Ça stimule, ça nous encourage, ça nous soutient surtout dans un moment comme celui-ci où on ne gagne pas beaucoup de courses, où on n’est pas vraiment performants. On a parfois des coups de blues, des coups de déprime, mais cela nous permet de lever la tête dans des moments difficiles.
Qu’est-ce qui n’a pas marché depuis le début de la saison ?
On a eu énormément de blessés et de malade courant février, mars, avril. On tient des statistiques de ces huit dernières années et le service médical a constaté que nous avons eu en trois mois autant de malades et de blessés qu’en une saison et demie. Quand les coureurs sont au repos chez eux en train de récupérer d’une blessure ou de soigner une maladie, ils ne sont pas sur le vélo en train d‘attaquer. C’est une raison qui pèse sur notre absence de résultats. Aprèsq, nous ne sommes pas à l’heure des bilans, nous le ferons à la fin de l’année, mais on a de quoi en juin, juin, juillet et même aux mois d’août, septembre, octobre faire oublier ces trois premiers mois compliqués.
"On a de quoi gagner une étape"
Votre leader Rein Taaramae (qui a notamment souffert de la mononucléose) a-t-il bien récupéré ?
C’est vrai qu’il n’a pas été épargné par les problèmes, c’est même peut-être lui qui en a eu le plus. Il s’est remis d’une fracture du coude. Il est rétabli et a repris l’entraînement depuis un mois. Il a passé trois semaines à 2 500 m d’altitude en Sierra Nevada en Espagne. Il a eu une charge de travail progressive de plus en plus importante. Le Dauphiné viendra conclure le travail à réaliser pour le Tour de France. Il ne sera probablement pas des plus performants sur le Dauphiné, mais l’essentiel est qu’il soit performant sur le Tour, au mois d’août et au mois de septembre.
Quels seront vos objectifs sur le Tour de France. Une victoire d’étape et le classement général avec Taaramae ?
Une victoire d’étape, oui. Quand on a des coureurs qui s’appellent Taaramae, Dumoulin, Di Grégorio, Moncoutié, on a de quoi gagner une étape. On doit en tout cas avoir cette ambition, c’est incontournable. Maintenant, le maillot blanc pour Rein, c’est fort probable. David (Moncoutié) a aussi des qualités de grimpeurs. On n’est pas quatre fois consécutivement meilleur grimpeur du Tour d’Espagne par hasard. Ça serait bien qui le soit au moins une fois sur le Tour de France.
A plus long terme, vous rêvez sans doute de réintégrer le World Tour ?
Il faudra réaliser un recrutement qui nous permettra de réaliser de grandes courses, y compris sur le Tour de France 2013. Et puis, ma foi, si notre objectif d’intégrer le World Tour en 2013 n’est pas réalisé, on pourra toujours le réaliser en 2014, voire 2015 ou 2016.
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