Publié par O.Co. le 8 juin 2012 à 10h27

1996: Un Heulot de consolation

Route

Stéphane Heulot a connu son jour de gloire à Castres. (Reuters)

1996: Un Heulot de consolation

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L’année 1996 aura été un cru exceptionnel pour Stéphane Heulot, coureur parmi les plus doués de sa génération, enfin récompensé par un titre de champion de France cette année-là. Le «Corbeau», surnom donné par Thierry Bourguignon pour une teinte de cheveux équivoque, s’était montré le plus rusé sur les routes mouillées de Castres, échangeant ensuite son maillot bleu-blanc-rouge par une tunique jaune pendant trois jours sur la Grande Boucle. Rétrospective.

Encore aujourd’hui, lorsqu’on l’interroge sur son passé de coureur, Stéphane Heulot n’aime pas trop s’étaler. Tout juste se souvient-il de cette année 1996, sa cuvée référence, où il remporta le titre national, le trophée de la Coupe de France et passa trois jours en jaune pendant la Grande Boucle. "1996, c'est mon année de tremplin, celle où Roger Legeay m'a remis en selle", affirmait l’actuel directeur sportif de Saur-Sojasun dans un entretien accordé à Ouest-France, l’année dernière. C’est en effet sous les couleurs de GAN que le transfuge de Banesto, au talent encore inexploré, va révéler tout son potentiel.

Vainqueur du Trophée des grimpeurs une dizaine de jours auparavant, le gamin de Noyal-Châtillon-sur-Seiche maîtrisa tous les éléments de la nature (pluie, vent) pour s’imposer en force à Castres et devenir un beau champion de France. «Je me souviens être passé par tous les sentiments ce jour-là, se rappelle le dernier Breton à avoir endossé le maillot tricolore. J'avais même envisagé d'abandonner. J'avais bénéficié de circonstances particulières. Un important groupe s'était formé à l'avant. Pas représenté, Festina avait roulé derrière et du même coup m'avait ramené dans le jeu. Ma plus belle victoire ? Pas forcément. Mais c'est celle qui fait parler les journalistes".

Le calvaire en jaune de la Madeleine

Elle fait en effet causer parce qu’elle va être révélatrice d’une suite encore plus heureuse sur les routes du Tour de France. Heulot va en effet rapidement remiser sa tunique bleu-blanc-rouge dans sa garde-robe pour un maillot encore plus prestigieux dès la quatrième levée. Ce jour-là, le Rennais prend part à l’échappée matinale dans le but de protéger son sprinteur, Frédéric Moncassin, alors leader de l’épreuve. Il ne collabore d’ailleurs pas dans un premier temps à cette grande offensive avant de prendre ses responsabilités, voyant que le peloton abandonne le gain de l’étape. Elle atterrira dans l’escarcelle de Cyril Saugrain, le premier attaquant du Tour, tout à sa joie de montrer avec brio les couleurs de la petite équipe de banlieue parisienne, Aubervilliers 93. Et c’est dans ce contexte très franco-français qu’Heulot récupéra le maillot jaune au bord du Lac de Madine après avoir pris la quatrième place de l’emballage final.

Malheureusement, il ne put savourer les honneurs qui accompagnent cette distinction que l’espace de trois jours, victime d’une tendinite au genou, le mettant au supplice dans le terrible Col de la Madeleine. Arrêté au bord de la route, à bout de force et en larmes, il fut contraint de mettre un terme à cette parenthèse enchantée, entrant dans la légende de ces maillots jaunes contraints à l’abandon. Le symbole d’un coureur naturellement doué au palmarès un brin décevant par rapport à ses capacités. Un bonhomme qui n'est tout simplement "pas tombé dans la bonne génération."

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